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Les mosaïques Mauméjan à Aurillac dans le Cantal (15), par Pascale CHAPPOT

Mis à jour : mai 13



Cette semaine, Pascale Chappot de Guides Tourisme Auvergne et Les visites épicuriennes, nous emmène du côté de l'église du Sacré-Coeur à #Aurillac (Cantal - 15). Son originalité est d'être décorée de magnifiques peintures et mosaïques Art déco réalisées par Charles Mauméjean en 1937.

Ces trois œuvres, chacune mi-peintures mi-mosaïques, ornent l'abside et les chapelles latérales. Dans le chœur de l'église, un grand Christ en gloire accueille les fidèles bras ouverts. Il est encadré par l'alpha et l'oméga. Ses pieds prennent appui sur un escalier en trompe l’œil faisant le lien avec l'ancien maître-autel qui se trouve juste en-dessous. Les symboles du tétramorphe (c'est-à-dire les symboles des évangélistes qui sont l'aigle pour saint Jean, le taureau pour saint Luc, l'ange pour saint Matthieu et le lion de saint Marc), donc ces symboles ornent l'escalier et font face à deux longues files de personnages se trouvant de part et d'autre du Christ. La composition est théâtrale et savamment orchestrée : mosaïque, peinture, mobilier et drapé en bas-relief sous les pieds des personnages ne font qu'un, tout en produisant un bel effet de perspective.


D'après ses dires, Charles Mauméjean utilise la mosaïque pour couvrir les murs de béton en opérant un retour aux formes et techniques primitives de l'art chrétien. Il utilise la riche palette chromatique des matériaux utilisés pour cette technique pour mettre en valeur les grandes lignes de force ou certains éléments de la composition.


Pour des raisons économiques et esthétiques, ces mosaïques sont complétées par des peintures obtenues grâce à une substance émulsionnée à la résine : le Stic B. Ce nouveau matériau pour l'époque autorisait des retouches après séchage et ce nouveau procédé offrait, au final, la même matité de ton que la peinture « a buon fresco » c'est-à-dire sur enduit frais.


Donc pour résumer : une grande partie de la composition a été réalisée avec de la peinture appliquée sur stic B alors que les lignes de force ont été rehaussées de mosaïque ce qui permet d'appuyer leur importance, de donner du relief et de l'éclat à l'ensemble.

Dans la chapelle latérale sud (qui est en fait à l'est car l'église n'est pas orientée) est représentée la Fuite en Égypte de la Sainte Famille. En face, la chapelle nord est ornée d'une Annonciation d'une grande douceur réalisée dans des tons pastels de rose et de bleu. D'après les recherches de Pascale, cette scène se trouve être une réplique quasi-exacte de l'Annonciation réalisée par Charles Mauméjean pour l'église Saint-Jean-Bosco à Paris en 1936 et 1937, et dont le carton (ou modèle) figure dans les archives des Chantiers du cardinal Verdier. Il s'agit probablement ici d'un remploi de carton. Pour conforter ce propos, on peut se référer au travail de Benoît Manauté (spécialiste des Mauméjean). Il insiste sur l'importante réutilisation par les frères Mauméjean, de leurs propres modèles de vitraux et de mosaïques : les dessins de vitraux pouvant abreuver des projets de mosaïques et vice versa ; ceci essentiellement pour des questions de productivité et par là-même de rentabilité.


Mais qui sont les Mauméjean ?


Jules Pierre Mauméjean fonde un premier atelier à Pau en 1862. Il devient en 1882 peintre officiel de la maison royale d'Alphonse XII, roi d'Espagne, et fonde une manufacture de vitraux et céramique à Madrid quelques années plus tard. Ses fils, Joseph, Henri et Charles, sont formés par les professionnels parisiens et nancéiens de l'époque. Ils prennent bientôt la tête des différents ateliers de Madrid, Barcelone et Saint-Sébastien. Dans les années 1920, les frères Mauméjean créent une fabrique à Paris ainsi qu'un vaste atelier à Hendaye et travaillent dans la France entière, notamment à la création de nouveaux vitraux pour les églises ravagées pendant la première guerre mondiale. Ils sont primés lors de l'exposition des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 et remportent également de nombreux prix à l'international. Leur renommée et le nombre de commandes ne cessent d'augmenter au fil des années. La maison Mauméjean Frères connaît une intense activité jusqu'en 1957, année de la disparition de Charles le dernier des frères Mauméjean.

Pour plus d'informations, nous vous invitons à consulter l'article sur les vitraux et mosaïques réalisés dans le Cantal par les Mauméjean dans la Revue de la Haute Auvergne Tome 78 parue en 2016.


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Pascale Chappot


Français

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