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Le rouet Lyonnet à Château-Gaillard dans le Puy-de-Dôme (63) par Manon MURAT

Mis à jour : mai 25

Retrouvons Manon Murat qui nous conduit une nouvelle fois du côté du pays thiernois dans le #PuyDeDôme (63), à Château-Gaillard pour être précis, afin de découvrir le rouet Lyonnet :


Cet édifice faisait partie d’une longue série que l’on peut encore apercevoir (mais en ruine) le long de la rivière Durolle. Il était actionné par la force de l’eau. La Durolle était déviée par un pavé (empilement de pierre dans la rivière) pour conduire l’eau dans le bief (canal). Il fallait pour cela ouvrir les vannes de gardes pour que l’eau s’engouffre dans le canal et passe à travers le peigne pour la débarrasser des branchages. Après l’ouverture de la deuxième vanne, l’eau glissait dans la goulotte pour actionner la roue à aubes qui permettait le fonctionnement des machines à l’intérieur. C’est d’ailleurs de cette roue à aubes que le rouet tient son nom puisque le mot vient du patois «rodet» qui vient lui même du mot « rode » qui signifie la roue !



Le rouet est uniquement un atelier de travail. Jusqu’à sept émouleurs et sept polisseurs travaillaient la lame des couteaux à l’intérieur. Ces deux professions s’inscrivent dans la chaîne des métiers du couteau de Thiers puisque la production était autrefois parcellisée. Chaque étape de fabrication avait son artisan spécialisé qui ne réalisait qu’une même tâche toute sa vie. Il y avait cinq professions majeures :

- le forgeron, qui travaillait le crampon d’acier pour lui donner la forme de la lame - l’émouleur qui lui donnait son tranchant - le façonneur qui fabriquait les manches - le monteur qui assemblait les différentes pièces - le polisseur qui polissait la lame et le manche pour apporter les dernières finition

Ces personnes ne travaillaient pas toutes dans le même atelier.

Les rouets de la vallée étaient tous organisés de la même manière. Au rez-de-chaussée, travaillaient les émouleurs sur les meules en grès. Ils blanchissaient la lame, la dégrossissaient et lui donnaient son tranchant. Ils avaient la particularité de travailler allongés sur le ventre, avec un chien blotti sur leurs jambes ! Ils étaient des travailleurs indépendants et louaient leur place au propriétaire du bâtiment. A l’étage, travaillaient les polisseurs sur des polissoires de cuir ou des frottes de tissus pour retirer les rayures et faire briller la lame. En général, c’étaient les femmes et les enfants des émouleurs. Comme ces derniers devaient rémunérer leurs polisseurs, si c’étaient quelqu’un de la famille, ils n’avaient pas besoin de le payer et l’argent restait dans la famille !

Si vous visitez le rouet, vous pourrez voir les nombreuses modifications de Monsieur Lyonnet, dernier propriétaire de l’édifice, qui a continué à travailler jusqu’à sa retraite en 1976 à l’intérieur de son rouet malgré l’arrivée de l’électricité en ville !

Le rouet est ouvert de juin à septembre et toute l’année pour les groupes sur réservation.


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Manon MURAT


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